LA SAGA
DES LABELS (2)
L'épopée Fat Possum
Fat Possum est un petit grand label, qui consacre toute son
énergie à prouver que l'âme du blues n'a
pas définitivement quitté ce monde, ce qui est
évidemment faux. S'il est hors de question d'ignorer
leurs rééditions d'enregistrements perdus et historiques
de Robert Pete Williams et Furry Lewis (le dernier en date,
une merveille), ou encore le somptueux retour folk du grand
évêque de la soul, Solomon Burke, ni de faire la
moue devant leurs productions maison de R.L. Burnside, Jr Kimbrough,
Asie Payton, ou Robert Belfour, on peut s'interroger sur la
surproduction lo-fi (low-fidelity) de ces vieux bluesmen, merveille
de technique d'enregistrement mais pas de vérité
soul.
Il suffisait d'écouter à Paris, T-Model Ford,
l'un des meilleurs chanteurs Fat Possum (sur disque), pour voir
qu'il n'était en réalité qu'un sous-produit
répétitif du sur-estimé John Lee Hooker.
D'où vient le fait que ces techniques très sophistiquées
de " sous-production ", qui sont aussi celles des
beaux disques de Will Oldham et Palace (ou des sinistres testaments
asthmatiques de Johnny Cash) laissent un tel goût amer
dans la bouche ? Ce n'est pas la disque à paraître
de Charles Caldwell (une si belle gueule pour pas grand-chose,
c'est dommage), qui sera son seul disque puisqu'il est mourant
(comme Johnny Cash, au moment de ses derniers CD plus que minimaux),
qui nous fera changer d'avis.
A l'actif de Fast Possum, What The Hell Was I Thinking
d'Hasil Hadkins, beau disque de l'un des vrais fondateurs oubliés
du rock blanc des années 50, et surtout les deux CD du
grand bluesman paraplégique CeDell Davis, champion d'un
free blues totalement inédit, dont les accords criards
n'ont jamais trouvé l'équivalent que chez Ornette
Coleman. Fat Possum est distribué par Pias.
|
|
 |
| MUSIQUES |
|
 |
|