RENCONTRE
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| Virginia Rodrigues |
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S
Akim el Sikameya
Aïni
(Lila Records/Nocturne)
Natif d'Oran, puis installé à Marseille avant de s'établir à
Paris, rue Oberkampf où l'on brasse autant de genres (musicaux)
que de bières, Akim est un excellent violoniste et un interprète
de qualité du répertoire arabo-andalou qu'il a réaménagé judicieusement
et enrichi de compositions très personnels. En effet, il a évité
le terrible amalgame Oran raï en rappelant que, sur le plan
musical, la cité chère aux Khaled et Mami a été également nourrie
par des apports andalous, flamenco (plus de deux siècles d'occupation
espagnole) et judaïques (Blond-Blond, Reinette Daoud, René Pérez,
Maurice El Médioni et Lili Labassi sont nés dans la région).
Ce sont toutes ces influences que l'on retrouve dans Aïni (littéralement
mon oeil, dans le sens de mon amour ou prunelle de mes yeux).
En 1999, Akim avait déjà surpris son monde par un étonnant album,
Atifa-Oumi (Night & Day), où sa nouvelle lecture de la nouba
arabo-andalouse frappait par son dynamisme et son ton neuf.
Ici, il poursuit l'effort dans un sens plus large et plus accessible
aux oreilles peu au fait des broderies des écoles andalouses
maghrébines. Ses compositions, bien appuyées par une batterie
d'instruments modernes, donnent du mordant à un répertoire et
à un art un peu trop grignotés par la lime du temps. Voilà un
opus qui a du nerf et de l'élégance. Rabah Mezouane
Sheikh Habboush & Ensemble Al Kindi
Transe soufie d'Alep
(Le Chant du Monde/Harmonia Mundi)
Voyager c'est bien. Avec un guide c'est encore mieux. Le document
nous livre les clés pour décrypter l'histoire de la transe soufie,
et comprendre les vibrations qui chatouillent nos tympans. La
vénérable cité d'Alep, au nord de la Syrie est non seulement
un des sanctuaires de la culture soufie depuis le XIIIe siècle,
mais la ville est aussi réputée pour ses mélomanes. Julien Jalal
Eddine, le joueur de qanoun leader de l'Ensemble Al Kindi, n'y
réside pas pour rien Julien Jalal Eddine Weiss et son Ensemble
Al Kindi se sont immergés dans le monde soufi. Ils ont rencontré
Sheikh Habboush dans la vieille ville, là où, chaque mercredi
soir, il chante pour ses disciples des poèmes mystiques d'amour
de Dieu et de ses prophètes. La capacité à réaliser ou à faire
réaliser des miracles (karamat) est une des preuves de la baraka
(grâce divine) des sheikhs spirituels. Sheikh Habboush nous
plonge ici en état de grâce. On se sent rapidement transformés
en derviche qui tourne et tourne. Il suffit ce fermer les yeux
et d'écouter.
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