RENCONTRE
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| Virginia Rodrigues |
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| Electronica brésilienne |
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Musique > Orient
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A
Adel Salameh
Hafia
(ENJA/Harmonia Mundi)
Le Palestinien Adel Salameh est né à Naplouse. Il est devenu
maître du oud, le sultan des instruments arabes. Il a commencé
soliste dans les pays arabes avant de venir en Europe en 1990
et s'installer à Londres. Musicien exigeant, Adel Salameh interprète
surtout les grands modes classiques de l'art arabe. Il en fait
des rythmes très personnels où les micro silences sont aussi
importants que les envolées instrumentales. La musique savante
arabe est souvent un art de la mise en scène du silence pour
se délecter du trouble d'une précédente improvisation. Salameh
introduit dans son jeu des éléments de musiques indienne, persane
ou turque. Les compositions d'Adel Salameh sont accompagnées
depuis plusieurs années par les vocalises aériennes de Naziha
Azzouz. Née à Oran dans une famille d'artistes avant d'émigrer
à ses 12 ans en France, Naziha a chanté avec l'ensemble britannique
Joglaresa le répertoire médiéval méditerranéen. Hafia est un
album méditatif. B. D.
Aamine & Hamza M'Raïhi
Ila hounak
(Arion)
Aamine, 18 ans, Hamza, 17, les frères M'Raihi sont des surdoués,
l'un au oud, l'autre au kanoun. A 13 ans, après avoir été diplômés
en musique arabe, ils ont remporté un important prix lors d'un
concours dédié à ces instruments. Accompagnés ici par le joueur
de tabla néerlandais Heiko Dijker, les deux prodiges tunisiens
donnent libre cours à des improvisations étonnantes. Dans leur
jeu fluide fait de détours imprévus, l'aspect méditatif, voire
nostalgique des compositions, se nuance dans les dialogues assez
vifs ou les solos débordant d'énergie. Sincère et spontanée,
leur inspiration, solidement ancrée au maqam, vire en mélancolies
andalouses ou s'apaise dans des phrasés plus éthérés. Les emprunts
à la musique indienne ou anatolienne enrichissent encore la
gamme des émotions et des timbres entre halètements subtils
de cordes, accents spirituels ou chevauchées impétueuses. Luigi
Elongui.
Al-Nûbatiyya
Soudan chants et tambours de Nubie
(Institut du Monde Arabe/Harmonia Mundi)
Cette musique de mélopées lancinantes et rythmes syncopés nous
parvient d'un pays ravagé par une guerre qui a produit " la
plus grande catastrophe humanitaire au monde ". Vaste région
occupant le nord du Soudan et le sud de l'Egypte, berceau de
l'une des plus anciennes civilisations, la Nubie, que les pharaons
appelaient le pays de Koush, se trouve à la lisière de l'Afrique
blanche des peuplades nomades, souvent arabophones et adeptes
de l'Islam, et de l'Afrique noire des ethnies animistes ou chrétiennes.
Le répertoire de l'ensemble Al-Nûbatiyya, dont cet enregistrement
a été réalisé en 1997 à l'occasion du passage du groupe à l'Institut
du monde arabe dans le cadre de la saison soudanaise, est le
miroir de cette double appartenance culturelle. Les chants de
réjouissance réunis ici et font partie du courant profane, rigidement
séparé de la musique sacrée, se déroulent selon la forme responsoriale
typiquement africaine et suivent un canevas rythmique assez
lent. Ce qui met en exergue la beauté majestueuse des chorus
vocaux empreints d'une nostalgie poignante. Luidgi Elongui
Khaled Arman
(Arion/Night & Day)
Le jeu vif du joueur de rubâb (viole à double caisse
jouée sans archet) témoigne d'une maîtrise
et d'un sens ludique pertinent. Le musicien croise le monde
depuis longtemps : il est, avec son père, le fondateur
de l'ensemble Kaboul. Khaled, qui a beaucoup appris auprès
du répertoire hindoustani, est compositeur de
musiques électro-acoustiques, tout en ayant eu l'occasion
de travailler avec Jordi Savall et Alain Bashung. Accompagné
ici par Yussuf (tabla), il livre une belle sélection
de ragas instrumentaux, fruits d'une genèse singulière,
liée à l'histoire du rubâb : une
double migration, celles de musiciens afghans en Inde du Nord,
et celle de musiciens indiens à Kaboul.
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