Musique
> Asie
[ A]
- [ B]
- [ C]
- [ D]
- [ E]
- [ F]
- [ G]
- [ H]
- [ I]
- [ J]
- [ K]
- [ L]
- [ M]
[ N]
- [ O]
- [ P]
- [ Q]
- [ R]
- [ S]
- [ T]
- [ U]
- [ V]
- [ W]
- [ X]
- [ Y]
- [ Z]
O
Oojami
Urban Dervish
(Hubble Bubble/Night & Day)
A l'image d'Istanbul, Urban Dervish est un pont entre deux continents
et deux cultures. Porté par le producteur Necmi Cavli, il met
en scène une grande majorité de musiciens turcs et quelques
invités européens, dont les remixeurs anglais Trans-Global Underground.
D'emblée, les rythmiques prennent le dessus,avec les cavalcades
d'une flopée de percussionnistes et des rythmes orientaux marqués.
Ney, trombone, clarinette, duduk, les instruments à vent constituent
l'autre dominante de cet album au groove moderne et souvent
un peu facile, malheureusement. Autre écueil, sa production
trop consensuelle aplanit les crêtes, lisse les prises de risque.
Necmi Cavli glisse quelques clins d'oeil, en français. Mais
on aurait préféré qu'il nous offre un regard plus personnel
sur Istanbul. S'il fait certainement le bonheur des chauffeurs
de taxi turcs (un gros marché en soi), Urban Dervish aura sans
doute du mal à convaincre le public français.
Yann Quelennec
Ostad Elahi
(Chant du monde/Harmonia Mundi)
En Occident, les maîtres iraniens, qui passent assez régulièrement
en concert (Nazeri, Chemirani père et fils, Kalhor, Parissa,
Shadjarian…), sont plus connus qu'Ostad Elahi, dont les albums
par ailleurs n'étaient plus vraiment disponibles sur le marché.
Et pour cause. Ostad Elahi, immense joueur de luth tanbur et
chanteur, est décédé en 1974 à l'âge de 79 ans, le temps de
laisser une oeuvre imposante, musicale et spirituelle. Encore
que distinguer ces deux aspects n'a pas beaucoup de sens pour
un homme qui a toujours attribué une fonction " métaphysique
" à sa musique. " La musique relie au divin, aimait-il dire,
car elle est en relation avec l'âme et l'âme est reliée à Dieu
". Pour saisir de quoi il s'agit, il suffit d'écouter n'importe
lequel des 6 albums, aux titres évocateurs (Musique ou Harmonies
célestes, Oraison mystique, Dialogue avec l'Aimé…). C'est comme
offrir de l'inouï à son oreille.Au-delà d'une technique inimaginable
acquise au cours d'un apprentissage sans fin, auprès de maîtres
et aussi dans la solitude de retraites ascétiques, c'est la
liberté d'expression du jeu d'Ostad Elahi qui étonne le plus.
L'immensité de ses connaissances en matière de radif (répertoire
traditionnel et classique persan), d'autres musiques (préislamique,
azerbaïdjanaise, populaire du Kurdistan et du Khorasan), de
jeu instrumental (tanbur, mais aussi tar, setar, violon), lui
permet d'enrichir à l'infini son propre répertoire et de donner
l'impression d'un renouvellement permanent. Enfin on appréciera
d'autant plus l'écoute de cette musique si l'on sait que ce
maître, qui a longtemps souhaité vivre dans l'anonymat, n'a
été enregistré que par miracle, dans des conditions rudimentaires,
grâce à des amateurs éclairés qui n'avaient pas les oreilles
dans leurs poches. Jean-Louis Mingalon
|
|
 |
| MUSIQUES |
|
 |
|