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Virginia Rodrigues

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K


Kazakhstan
Le Kobyz
(Inédit/Naïve)

Lié au rituel chamanique, doué de pouvoirs surnaturels, capable, dit-on, d'éloigner les mauvais esprits, la maladie et la mort, le kobyz, viole à deux cordes en crin de cheval, frottées avec un archet, peut être utilisé en accompagnement du chant ou comme instrument soliste. Essentiellement composé de pièces instrumentales (kuï), cet album de la musique kazakh présente deux interprètes virtuoses d'une expressivité musicale remarquable. Considéré comme le dernier grand maître du kobyz, Smagul Umbetbaev (né en 1949), originaire du Kazakhstan central, fait partie de ceux qui ont permis à l'identité kazakhe de ne pas perdre le fil de sa mémoire et, malgré la politique culturelle soviétique qui avait interdit la pratique chamanique, à l'art du kobyz de survivre. Un art populaire de-puis quelques années revitalisé par de jeu-nes musiciens, notamment Saian Aqmolda, qui accompagne ici Smagul Umbetbaev. Avant de se consacrer au kobyz, Aqmolda a commencé son apprentissage musical sur le luth dombra, autre instrument soliste au centre de la musique traditionnelle du Kazakhstan central et oriental. Si cette série d'enregistrements effectués à Almaty en 2003 suscite l'envie d'en savoir et écouter davantage sur ces régions de steppes, de chevaux et de vent galopant que sont le Kazakhstan, on se réfèrera utilement au livre disque paru aux Editions du Layeur en 2002, Le Chant des steppes, musiques et chants du Kazakhstan, co-écrit et réalisé par Xavier Hallez (spécialiste de l'histoire de l'Asie centrale), Saïra et Abdulkhamid Raïymbergenov (respectivement musicologue et dombriste).
Patrick Labesse


Kazufumi Miyazawa
Deeper Than Oceans
(Stern's/Nigh&Day)

Décidément, les Japonais sont les musiciens les plus brésiliens du monde... après les Brésiliens. A l'instar des pianistes Ryuichi Sakamoto et Juan Miyake, le chanteur et guitariste Kazumufi Miyazawa enregistre avec une pléiade de musiciens brésiliens, sous les conseils pertinents du producteur Arto Lindsay : de Vinicius Cantuaria à Moreno Veloso, en passant par Davi Moraes et Juninho Costa. Pour ce cinquième album - le quatrièeme sous influence de samba, maracatu, bossa nova et batucada -, Miyazawa costruit un répertoire qui laisse sentir aussi son goût du funk, son penchant pour le hip hop et, plus important, pour la musique traditionnelle d'Okinawa. Ce melting-pot se traduit en une musique énergique et dansante, à la fois joyeuse et bien ficelée, jouée par d'excellents musiciens, dont les proches de Lindsay, Peter Scherer, Melvin Gibbs, Michael Leonhart et Skoota Warner, et un groupe japonais particulièrement sensible au son brésilien où l'on retrouve le bassiste Hitoshi Watanabe, le pianiste Masaki Tsurugi et quatre percussionnistes à faire pâlir les Blacks de Bahia. Globe-trotter du son, Miyazawa a enregistré à Salvador, Rio, São Paulo, New York, Okinawa et Tokyo. Deeper Than Oceans réunit quinze titres, dont cinq remix réalisés par la suite à Londres, Munich, Los Angeles, Rio et Tokyo (de bonne qualité, mais qui pourraient faire partie d'un travail discographique) et un Tango for Guevara and Evita, enregistré de passage à Buenos Aires et remixé à Tokyo. Bon voyage sur Miyazawa Soundline.


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