Musique > Asie
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B
Bhattacharya Brozman
Mahima
(Riverboat/World Music Network)
Bob Brozman, ses guitares hawaïennes et son goût
du large nous ont apporté déjà une belle
rangée de disques sur nos étagères. A Okinawa,
à Honolulu, à La Réunion, il a croisé
le manche de doux aventuriers de la guitare. Le voici avec un
propagandiste, un militant, un saint peut être, de la
guitare, Debashish Bhattacharya, qui travaille depuis à
l'invention d'un jeu strictement indien à la guitare
slide, emprunté aux traditions et techniques des autres
instruments à cordes indiens, veena, sarod, sitar ou
santour.
Leur rencontre a un curieux effet. Ensemble, Bhattacharya et
Brozman paraissent éloigner la guitare de notre univers
sonore tout en rapprochant de nous l'Inde. Et il ne s'agit plus
vraiment d'une confrontation, leurs approches de l'instrument
étant souvent convergentes. L'apport vocal de Sutapa
Battacharya, charmante voix féminine, donne à
ce disque des couleurs plus vives qu'uns simple rencontre de
guitaristes. Peut-être, paradoxalement, le plus accessibles
des disques de Bob Brozman.
Baul Bishwa
Jaan sufi
(Heaven & Earth/L'Autre Distribution)
C'est la complainte des nomades d'Inde. Les Bauls sont perçus
comme des tsiganes de sous-continent, et endossent donc toutes
les considérations qui vont avec. Originaire du Bengale,
le Baul n'a pas de maison parce qu'il est partout chez lui.
Il s'approprie toutes les musiques qu'ils croisent, rythmes
hindouistes, méditation bouddhique, soufisme musulman.
Le groupe Baul Bishwa, qui porte le nom de Bapi Das Baul, joue
ici une musique qui passe dans un même élan de
la complainte contemplative à la ronde populaire, une
sorte de variété jubilatoire prisées par
les familles pour animer leurs fêtes. Ils ont beau être
rompu aux ficelles de la musique professionnelle, les Bauls
gardent une joie intacte, pure quand ils jouent comme si rien
d'autre n'existait dans la vie que le rythme. Le leur est porté
par des flûtes, des percussions et une dotara, une mandoline
qui joue comme si c'était du chaâbi d'Alger...
A l'écoute du morceau Sparling Light, on se croirait
trnasporté derrière les remparts de la Casbah.
Compositeurs sauvages, les Baul Bishwa font feu de toute improvisation,
de toute complicité avec leur public. Des tsiganes vous
dit-on.
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