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Virginia Rodrigues

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Electronica brésilienne
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Musique > Amériques

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Renata Rosa
Zunido da mata
(Outro Brasil/L'Autre distribution)

Il y a tout au long des 14 chansons de Zunido da Mata, une joie contagieuse et magique. Inspirée, la voix de Renata Rosa chante à l'unisson avec les émotions colportées par les percussions trépidantes et les cordes vibrant d'une énergie terrienne. Un voyage de 10 ans dans la musique des campagnes nordestines, d'où ses parents sont originaires, un long travail de collectage de chants et danses des femmes caboclos, issues du métissage afro-amérindien, puis l'apprentissage de la rabeca, sorte de violon en vogue dans l'Etat de Pernambuco, sont à la base de ce premier album miraculeux d'équilibre, où le suspense entre alegria et saudade se joue dans un accord presque parfait. La beauté du répertoire original demeure intègre et spontanée dans l'interprétation de la jeune brésilienne qui a pourtant grandi plus au sud, dans la ville de Sáo Paulo. Le souffle de racines multiples qui se perdent dans les affres de l'histoire est présent dans cet album. Ecoutez la première plage : on dirait une polyphonie malgache et il n'y a rien d'étonnant en cela, si l'on considère les étranges détours de la traite négrière… Luigi Elongui


Raizes de Arcoverde
(Outro Brasil/L'Autre distribution)

Ici, pas de bossas langoureuses ou de sambas édulcorées… Ici, à l'entrée du Sertáo de l'Etat de Pernambuco, les tambours grondent, les pandeiros lancent leurs tintinements syncopés, les voix explosent fiévreuses et les tamancos, sortes de sandales en bois, frappent lourdement le sol des maisons nouvellement bâties. C'est la coutume ancienne du trupê, qui est aujourd'hui reprise et intégrée dans le style coco raizes de la villa marchande d'Arcoverde, le tout pour le plus grand bonheur de ses habitants ! Rythme traditionnel du Nordeste issu des tréfonds de la nuit esclavagiste, le coco a été ressuscité, puis ramené à ses sources, d'où le coco raizes ou coco des racines, avec un tempo plus rapide, de nombreuses variations et l'éclat de ses suggestifs chorus vocaux. A l'origine des retrouvailles, les familles Gomes, Bio Neguinho et surtout Calixto, dont la maison est devenue un centre de réjouissance et de convivialité populaires, où les happenings se multiplient dans une ambiance de danses paroxystiques et de chants inspirés d'une joie spontanée et contagieuse. Place au coco dans l'année du Brésil ! L. E.


Maria Rita
Maria Rita
(Warner/WEA)

Il y a eu le disque de Bebel, fille de João Gilberto, puis celui de Moreno, fils de Caetano, maintenant c'est le tour de Maria Rita, fille d'Elis Regina. Maria Rita possède une voix chaleureuse faite d'un large registre avec un timbre plus doux et moins déchiré que celui de sa mère. Propulsée par sa prestation sur le dernier album de Milton Nascimento, Maria est en phase de devenir une nouvelle personnalité de la chanson pop brésilienne. Pour ce premier album, jouant sur les décalages rythmiques, Maria Rita reprend à son compte deux chansons de Milton, A Festa, sensuellement ralentie, sa version du bolero Dos Gardenias (de la cubaine Isolina Carrillo) sur un tempo de danzon accéléré. Elle rafraîchit joyeusement la Lavadeira do Rio de son Lenine, berce tendrement la Menina da Lua de Renato Motha sur un air de cordes. Elle met aussi en avant trois chansons de Marcelo Camelo et, surtout, se montre très en phase avec l'esprit provocateur de la rockeuse Rita Lee sur Pagu et Agora só falta vocé. Francisco Cruz


Elis Regina
Little Pepper The Definitive Collection
(Emarcy/Universal)

Sont ici réunis surtout des titres gravés par l'égérie de la chanson brésilienne entre 1971 et 1977, alors que les morceaux légendaires Upa Neguinho (1966) du grand compositeur Edu Lobo, Louvãçao (1966) de Gilberto Gil et le méga hit Aquarela do Brasil (1969) nous ramènent à la décennie précédente. Dommage que le travail éditorial ne soit pas à la hauteur de la musique présentée. Les crédits indiqués pour Louvãçao, enregistré en concert, ne mentionnent même pas le nom du chanteur invité Jair Rodrigues (ni ceux des instrumentistes, dans l'ensemble du CD). En revanche, l'anthologie a le mérite de mettre en évidence l'éclectisme déployé par la diva disparue en matière de collaborations et de styles. Elis a fait connaître à un plus large public les premières oeuvres d'Ivan Lins (Madalena), Zé Rodrix (Casa no campo), Belchoir (Como nossos pais). Elle sert à la perfection le nostalgique Folhas secas de Nelson Cavaquinho, inspiré compositeur de l'école de samba Mangueira de Rio. Outre Nascimento et Baden Powell, l'incontournable Carlos Jobim voit sa musique sublimée par cette voix qui distille de façon incomparable la suavité de la bossa. Le disque inclut quatre de ses pièces, Corcovado, Tr iste, So tinha de ser com voce et Aguas de Março. De celle-ci, le compositeur et Elis font un duo vocal illuminé par leur complicité. F. C.
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