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Tania Libertad
Negro color
(Lusafrica/BMG)

Tania Libertad habite Mexico depuis plusieurs années. Elle vient du Pérou, de la Costa Negra, terre des descendants d'esclaves africains. Née sur cette côte noire du nord péruvien, Tania en chante le legs musical, elle, qui a chanté de la variété, des chansons contestataires ou des boléros sensuels. Soit une trentaine d'albums qui l'ont fait connaître en Amérique avec plus de 2 millions d'exemplaires vendus. Chantée par la légendaire Toña la Negra, révélée en Occident dans les années 90 par la douce Susana Baca, la musique afro-péruvienne est ici interprétée par la voix ample et lyrique de Tania. Elle poursuit la voie tracée par son premier album en la matière, Costa Negra, publié en 2002 à la faveur de sa rencontre avec Cesaria Evora et son producteur José da Silva. Le nouveau disque de Tania Libertad, enregistré à Mexico, donne aussi la part belle à d'autres métissages avec le jeune auteur cubain David Torrens, le grand compositeur mexicain Armando Manzanero ou quand elle reprend en duo avec le Brésilien Eder da Rosa le distingué Funeral del Labrador, composé par Chico Buarque et João Cabral. L'énergie des morceaux africains est ici équilibrée par la douceur de quelques délicieuses romances accompagnées du piano de Sonia Coruchet qui assure la direction musicale de cet album où les couleurs passent du mat à la lumière. Bouziane Daoudi


Sandra Luna
Tango varon
(Worls Connection/Night & Day)

Vocaliste à la présence charismatique sur scène et au timbre impressionnant, Sandra Luna baigne dans le milieu du tango depuis l'enfance. A onze ans, elle animait les soirées du bar El Boliche de Rotundo, à Buenos Aires. Fille des faubourgs -elle a grandi du côté de l'abattoir de Mataderos-, Sandra accompagnera plus tard le grand Hector Varela au Mi Club et l'orchestre du Sexteto Mayor d'Antonio Agri, à El Abasto. Son répertoire s'inscrit dans la nouvelle mouvance des artistes qui s'inspirent du tango cancion, véritable âme du genre né dans les bas-fonds de la capitale argentine à la fin du XIXe siècle, depuis popularisé aux quatre coins de la planète, des dancings américains aux cabarets parisiens. A l'aise dans les envolées les plus hardies comme dans les notes plus graves, à la fois imposante et passionnée, sa voix chante le désespoir, la tristesse et les joies du petit peuple avec la fougue et la maîtrise des grandes interprètes.


Dona Ivone Lara
Sempre a cantar
(Lusafrica/Harmonia Mundi)

Elle avait fait un tabac, à quatre-vingts ans, pour son grand retour au disque, en 2001, avec Nesci pra sonhar e cantar (Née pour rêver et chanter) chez Lusafrica déjà. La voici toujours en forme avec treize nouvelles compositions et un pot-pourri de ses grands succès. Dona Ivone Lara, toute première femme du Brésil à avoir écrit et composé des sambas chansons,a dû longtemps les signer du nom de son cousin Fuleiro, pour cause de machisme dans le milieu de la samba. Et pas question de chanter non plus, malgré sa voix de velours, ça ne se faisait pas autour d'elle. Née dans une humble famille musicale, orpheline placée dans une école où elle bénéficie des cours de Lucina Villa-Lobos, femme du compositeur Heitor, Ivone écrit sa première samba à l'âge de 12 ans. Infirmière, assistante sociale pendant quarante ans, elle écrit et compose donc pour les autres : Gilberto Gil, Caetano Veloso, les plus grands colportent ses mélodies raffinées, ses paroles piquantes. Ce n'est qu'à cinquante-huit ans que cette merveilleuse enregistre son premier album. Pour Sempre a cantar (toujours chanter), le directeur artistique Paulo Cesar Figueiredo a fait appel à quatre arrangeurs de haut vol : Rildo Hora, Leonardo Bruno, Paulao Cordas et Wanderson Martin. Ici, pas de claviers tapageurs, mais des percussions sophistiquées, des vents très présents, l'élégant violoncelle d'Hugo Pilger sur O'trovador. On retrouve, aussi la flûte de Dirceu Leite qui donne au titre Vem novamente, la plus jolie mélodie de l'album. C. M.-S.
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