Musique
> Amériques
[ A]
- [ B]
- [ C]
- [ D]
- [ E]
- [ F]
- [ G]
- [ H]
- [ I]
- [ J]
- [ K]
- [ L]
- [ M]
[ N]
- [ O]
- [ P]
- [ Q]
- [ R]
- [ S]
- [ T]
- [ U]
- [ V]
- [ W]
- [ X]
- [ Y]
- [ Z]
C
Sylviane Cedia
Nous les femmes !
(Debs Music)
Dans le style empreint de poésie des troubadours haïtiens, le
quinzième album de Sylviane Cedia démarre avec un hommage poignant
du pays natal. La Guyane amérindienne, créole, africaine et
caraïbéenne (selon les paradoxes de l'histoire…), avec ses paysages
aquatiques, luxuriants et ses légendes de nègres marrons est
une fois de plus célébrée ici. Nous le femmes ! est le résultat
de 2 ans de travail, la réalisation d'un projet conçu avec Dédé
Saint Prix, autre grand esprit du Sixième continent, et couronnant
donc une affinité manifeste depuis sa participation à l'album
Afro-Caraïbéen Groove du musicien martiniquais. Agréable et
émouvant, l'album se laisse écouter avec plaisir en saisissant
la sincérité d'une mélodie ou l'entrain d'un rythme. L. E.
Compilation
Tango en vivo
(Epsa / www.musicargentina.com)
En 2003, la Dos por cuatro, célèbre radio de tango de Buenos
Aires (www.la2x4.com), a organisé dans son auditorium 60 concerts
(enregistrés en public) avec la crème des musiciens tangueros.
Les 85 titres regroupés par genre en 5 CD, disponibles en coffret
ou séparés (Los Bailables, Los Cantantes, Los Compositores,
Los Instrumentales I et II), livrent ainsi comme le plus récent
et réjouissant, dans sa diversité, bulletin de santé du tango
argentin. Certaines figures n'avaient pas échappé au flair des
programmateurs de Chaillot ou d'ailleurs (Emilio Balcarce, Victor
Lavallen, Gustavo Beytelmann, Julio Pane, le Sexteto Mayor,
le trio Agri-Zarate-Falasca, Ruben Juarez, Lidia Borda, Adriana
Varela…). D'autres artistes sont à découvrir, parmi lesquels
le violoniste Mauricio Marcelli, la pianiste Sonia Possetti,
le guitariste Carlos Moscardini, les voix de Maria Graña et
de Raul Lavié, ou bien encore les nouvelles petites et grandes
formations en vogue là-bas. Il n'est pas non plus inutile de
pouvoir mesurer comment ces musiciens se situent par rapport
à la révolution piazzollienne. Comment certains y restent totalement
indifférents, alors que d'autres (Los Instrumentales II) ne
semblent pas insensibles à tel ou tel point de l'innovation.
Un signe, seulement trois compositions de Piazzolla sont jouées
ici. Jean-Louis Mingalon
Harry Choates
Devil In The Bayou
(Bear Family)
Il y a près d'un an, dans le plus parfait silence médiatique,
Bear Family sortait ce double CD définitif consacré à l'oeuvre
enregistrée de l'une des légendes du bayou, Harry Choates. Mort
dans sa prison, à Austin, il y a plus de cinquante ans, sa réputation
légendaire de James Dean cajun s'est encore épaissie des histoires
colportées par les musiciens qui l'avaient connu, et par le
fait qu'il existe très peu de photos de lui. Le mérite de ce
double disque (près de 60 titres en tout), c'est aussi un gros
livret illustré de 120 pages, qui tient plus de la Pléiade country
que de ce qu'on glisse d'habitude dans un CD. Ecouter, feuilleter,
lire Devil In The Bayou, c'est faire un voyage dans la vie de
ce rocker précoce qui buvait plus vite que son ombre (c'est
une habitude chez les ploucs chantants d'Amérique, même les
plus raffinés) . Si on se rappelle d'Harry Choates, dans les
gazettes, c'est que son arrangement valse rock, presque hypnotique,
de Jole Blonde (rien à voir avec les versions " historiques
" et mélancoliques de Leo Soileau ou d'Amédée Breaux) a lancé
au grand jour, en 1946, la première mode cajun. Grâce à Choates,
Jole Blon (jolie blonde) est la première chanson à avoir donné
une légitimité culturelle (on sait combien c'est important en
Amérique) aux minorités " françaises " du Texas et de la Louisiane.
Il doit bien exister 10 000 versions de Jole Blon, mais Harry
Choates est surtout l'ancêtre véritable des outlaws du mouvement
country, des années avant que Waylon Jennings (qui fut l'un
des premiers à reprendre Jole Blon), Willie Nelson, ou Kris
Kristofferson, ne jouent aux rebelles dans les rues d'Austin,
pour protester contra la mainmise des banquiers sur la country,
à Nashville, Tennessee. Devil In The Bayou réunit l'intégralité
des enregistrements Gold Star Cajun Classics d'Harry Choates,
entre 1946 et1950. En bonus, sa session avec Happy Fats et les
Rayne-Bo Ramblers de 1940. Beaucoup de chefs d'oeuvres irrésistibles,
de pièces à danser, de blues historiques revisités (Milk Cow
Blues de Kokomo Arnold devenant ici Old Cow Blues, par la grâce
de l'accordéon entêtant de Pee Wee Calhoun). Sans oublier de
vraies pops songs en français gouailleur (Allons à Lafayette,
T'est Petite Et Mignone). Comble de la curiosité kitsch, on
a même le bonheur de découvrir ici une chanson d'Harry Choates,
Louisiana Boogie, dans laquelle on retrouve avec surprise la
mélodie et une partie des paroles du Pas de boogie woogie du
père Eddy Mitchell, fin connaisseur des pépites américaines
les plus obscures. Harry Choates est mort en 1951, à 28 ans.
Accessible sur www.bear-family.de
Chris Combette
La Danse de Flore
(Créon Music/EMI)
Barouder impénitent, homme de mille et une rencontres, bassiste
à la période des bals campagnards et de l'influence haïtienne
dans les Petites Antilles, le Guyanais Combette est ici à son
troisième opus, peut être le plus accompli, après Plein Sud
(1994) et Salammbô (1996). Accents brésiliens, saveurs de la
Jamaïque, airs venant de Trinidad ou de Cuba, Chris Combette
brasse atmosphères et couleurs au gré d'une inspiration aussi
mouvante que sa trajectoire humaine et artistique. Un parcours
dont il garde le souvenir des personnages et des sonorités qui
peuplent ses chansons aux textes imagés, aux mélodies épurées.
Vainqueur du prix Sacem Martinique comme meilleur compositeur
en 1995, cet ancien étudiant en informatique et professeur de
mathématiques, chante d'une voix captivante des ballades pleines
de fraîcheur. Musicien atypique dans le paysage musical guyano-antillais,
Combette réussit une alchimie spontanée, loin des obligations
du show-biz, tout en maniant l'art du chroniqueur qui sait attirer
l'attention du public.
Joe et Janette Carter
Carter Family Favorites
(Bear Family)
Le nouveau Bear Family est un achat indispensable, du moins
pour tous ceux qui savent que la famille Carter est depuis ses
premiers chefs d'oeuvre 78 tours de la fin des années
20, synonyme de la plus authentique musique blanche de l'Amérique
(ce qui ne nous force pas pour autant à porter le deuil
du sinistre Johnny Cash qui épousa la jeune June Carter
pour parfaire son pedigree country, sans que le génie
cartérien soit au rendez-vous). Il s'agit de la réédition
à l'identique, à l'occasion du 80ème anniversaire
de Janette Carter, le 2 juillet 2003, d'un album introuvable
depuis des années, dans lequel Joe et Janette chantent
douze des titres les plus célèbres de la Carter
Family, parmi lesquels Will You Miss Me When I'm Gone, Anchored
In Love (AP Carter), Higher Ground, Lonesome Blues (Sara
et Maybelle Carter). Joe et Janette avaient promis à
leur père, le patriarche AP Carter, une sorte de Moïse
de la musique world américaine, de garder sa musique
en vie et en 1966, moins de six ans après sa mort, ils
enregistrèrent ce très sobre et digne hommage.
Il a les qualités intemporelles des grandes compositions
d'AP, et les harmonies tranquillement domestiques de Sara et
Maybelle. Joliment produit à l'origine par David Freeman,
Carter Family Favorites, dans son impeccable réédition
supervisée par Richard Weize amènera des nouveaux
venus au répertoire de la Carter Family. Reste à
économiser et s'offrir la bible de la musique ethnique
américaine, The Original Carter Family / In The Shadow
Of Clinch Mountain, impressionnant coffret de l'intégralité
de leurs enregistrements, en douze CD (plus de 300 titres) et
un livre définitif.
|
|
 |
| MUSIQUES |
|
 |
|