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K


Amadou Kienou
Sya
(Dunya Records)

Après avoir été djembefola soliste de la Troupe Nationale du Burkina-Faso, le virtuose du djembe multiplie les collaborations depuis 10 ans avec des batteurs comme Mamady Keita, Adama Dramé ou des musiciens tels que Manu Dibango,Youssou N'Dour ou Baaba Maal. Les oreilles toujours à l'affût de rythmes imprévisibles, il arrache de son instrument des poly-rythmies d'une vertigineuse complexité. Ici et là, on peut également entendre l'étonnant tambour d'aisselle, tama, dont les aller-retours dans les gammes provoquent des battements hypnotiques à couper le souffle. Loin des excès de technicité démonstrative, Amadou Kienou déroule ses frappes avec une progression délicate. Son jeu intense offre une cascade de motifs toujours plus créatifs. On a du mal à croire que cet instrument ne possède que 3 notes ! Les auditeurs avertis pourront apprécier la touche particulière des rythmes de tambours Mossi adaptés au djembé. Cet instrument n'a pas fini de dévoiler les innombrables facettes de son patrimoine. A. T.

Lokua Kanza
Plus vivant
(Yewo/Universal)

Désormais figure incontournable de la chanson française, les douceurs de sa voix fragile et chaude peuvent bercer nos âmes avec encore plus de force par des textes en français. Après un album de toute beauté avec R. Bona et G.Toto en 2004, Lokua Kanza nous livre des ballades bluesy, un morceau seul au piano, une rumba soukouss, mais surtout le bouleversant Plus vivant avec le Rwandais Corneille. Les choeurs ont le secret d'une sensibilité immédiatement saisissable, comme son timbre de voix intimiste. Son chant, irisé par un large spectre de nuances, est celui d'un funambule céleste cherchant sans cesse son équilibre. A. T.


Salif Keita
Remixes From Moffou
(Universal Jazz)

En 2002, Moffou a été pour Salif Keita l'album des retrouvailles avec le guitariste Kanté Manfila, qui avait forgé ses premiers succès, et avec les sonorités de son pays le Mali. La voix d'or de l'Afrique a aussi reconquis son public mondial. Moffou a été vendu à 75 000 exemplaires en France et 200 000 à l'international. Voici donc Remixes From Moffou, dont la conception diffère de bien des remixes à visée uniquement commerciale, quand le disque réunit des réalisateurs différents et plusieurs versions de certains titres. L'ensemble nous offre divers points de vue sur l'univers du chanteur. Parfois, c'est juste un habillage comme celui réalisé par La Funk Mob pour Ana Na Ming. Ou bien le traitement est radical et percutant comme celui de Luciano pour Yamore. Tissant un surprenant jeu entre voix et rythmique Ark intensifie la pulsation, comme une danse africaine inédite. Osunlade Atelewo imprime un rythme latino, soutenu par une basse très dense qui se transforme progressivement en dub obsédant. Les programmations de Charles Webster s'appuient sur les inflexions rythmiques données dans l'original par les guitares et les ngoni. Madan est l'un des titres les plus forts de Moffou. Déjà remixé par Martin Solveig, il est ici à nouveau travaillé par trois électro-musiciens : Gekko transforme l'ampleur et la profondeur, Tim Paris propose un son sec et The Boldz change radicalement la dynamique rythmique.


Kékélé
Congo Life
(Sono/NextMusic)

L'élégant rassemblement de quinquagénaires fringants originaires du Congo revient tout aussi distingué que lors de son premier et captivant album, Rumba Congo publié par la même maison, il y a deux ans. Ce fut la meilleure carte de visite du groupe pour être sollicité un peu partout en Europe pendant tout ce temps. La cadence de Kékélé d'abord lente, caressante, puis accéléréé, brûlante, ne laisse aucun spectateur indifférent. La amchine racée joue une musique épurée, fine. Ellea été imaginée par les Dakarois Ibrahima Sylla qui a fait de son label, Syllart Productions, installé dans le XVIIIè arrondissement de Paris, la Motown de la musique africaine : presque tous les grands noms actuels de la scène du continent noir sont passés par sa maison de disques. Sylla a eu l'idée de réunir quelques fines lames de la rumba congolaise immortalisée par Tabu Ley Rochereau et le regretté Franco, l'Elvis d'Afrique. Cela donne Kékélé, une tête de pont entre aujourd'hui et le passé où il n'y avait pas des machines pour corriger les faiblesses artistiques. La nostalgie de l'ancienne rumba, empruntée aux cousins cubains par une jeune génération affamée de nouvelles musiques dans les années 50, est détournée par des arrangements, des réécritures contemporaines de rythmes d'antan. Les guitares acoustiques, violon, saxophone, flûte, accordéon sont d'une souplesse rare. D'ailleurs Kékélé ne signifie t-il pas liane, en lingala ? Les voix, souvent haut perchées de Kékélé semblent sorties tout droit du paradis. Leur douce sensualité est une véritable prière. Le balancement voluptueux de la musique de Kékélé est toujours une révélation.

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