RENCONTRE
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| Virginia Rodrigues |
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E
Ethiopiques 18
Asguèbba !
(Buda Musique)
Asguèbba ! Autrement dit, entrez dans la danse ! Et plus si
affinités. L'invitation tient lieu de programme dans les azmaribéts
d'Addis-Abeba. Ces cabarets populaires sont le domaine des azmaris,
inlassables tchatcheurs et musiciens talentueux. Un masinko
(sorte de viole monocorde), un accordéon, deux tambours : jusqu'au
bout de la nuit, les rythmes frénétiques soutiennent d'audacieuses
improvisations, au fil desquelles les azmaris raillent leur
gouvernement, colportent les ragots de quartier ou réparent
les coeurs brisés. Le dix-huitième volume de la collection Ethiopiques
leur rend un hommage particulier et donne la parole à dix d'entre
eux. Pas n'importe lesquels : tous ont en commun de pratiquer
leur art, chaque soir, dans les azmaribéts alignés le long des
trottoirs défoncés de la capitale éthiopienne. Si le petit peuple
d'Addis se presse dans le quartier pauvre de Bolé, ce n'est
pas simplement pour s'y enivrer à vil prix. C'est surtout pour
écouter l'impressionnante Guènnèt Masrèsha, dont les arabesques
vocales se mêlent aux envolées du masinko, tenu par son propre
fils, Essoubalèw. Sur le disque, ces deux-là côtoient la très
séduisante Zèwditou, son chant sur l'hypnotique Engènagnalèn
est à couper le souffle, l'étrange Gzaté, un as du masinko au
timbre rocailleux, l'accordéon singulier de Taddèssè, ou encore
Eténèsh Wassié, laquelle développe ses mélodies poignantes avec
une ardeur peu commune. Véritable condensé des nuits éthiopiennes,
ce disque complète harmonieusement le premier volet Azmaris,
publié au début de la série Ethiopiques. Philippe Bordier
Ethiopiques 16 / Ethiopiques 17
Asnaqètch Wèrqu (16) / Tlahoun
Gèssèssè (17)
(Buda Musique)
Chaque volume de la collection Ethiopiques entraîne l'auditeur
dans un fabuleux voyage. D'un disque à l'autre, les allers-retours
sont incessants entre la flamboyance des grands orchestres des
années 60 et 70 et le volet traditionnel de la musique
éthiopienne. Le seizième chapitre de cette histoire
s'écrit au son du krar, la lyre éthiopienne. Asnaqètch
Wèrqu en pince les six cordes depuis son plus jeune âge.
Chanteuse, danseuse et commédienne, la jeune femme n'appartient
pas à la lignée des azmaris, ces troubadours locaux,
libres-penseurs à la langue bien pendue. Pourtant, comme
eux, Asnaqètch Wèrqu chante à mots couverts
les douleurs de l'Ethiopie. Passées au tamis du sem-enna-werq
(littéralement cire-et-or, un procédé poétique
fondé sur le double sens), les critiques adressées
au régime impérial sont noyées dans les
chansons d'amour (traduites en français dans le livret).
Ce qui lui vaut la reconnaissance du public et la suspicion
des autorités. Cette nouvelle livraison des Ethiopiques
comporte des chansons publiées à Addis-abeba en
1974 et 1976. Asnaqètch y déroule de subtiles
harmonies.
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