RENCONTRE
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| Virginia Rodrigues |
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NOTRE SELECTION
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| Electronica brésilienne |
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LE VENTRE D'ALEXANDRIE
L'écrivain Dominique Cier
nous entraîne dans une promenade gastronomique pour découvrir
le vrai coeur du grand port égyptien, hors des circuits
touristiques.
Comme dans tous les ports, la nuit d'Alexandrie est le commencement
d'une vie nouvelle, mais il faut aller à sa rencontre.
Avec un peu de chance, vous retrouverez l'ambiance décrite
par Lawrence Durrell dans son fameux Quatuor. Malheureusement,
en cette période estivale, Le Cecil Hotel où il
avait jadis établi ses quartiers est complet et j'ai
dû me rabattre sur le San Giovanni Hotel, sur la partie
orientale de la corniche. Pour l'inspiration, c'est beaucoup
moins bien. Pour la gastronomie aussi. Tout le monde se retrouve
devant le même poulet pané accompagné de
riz aux amandes, recette qui se révèle incontournable
au fil des jours et qui favorise quelques excursions dans les
restaurants populaires. J'y retrouve au moins un très
grand nombre d'artistes de toutes origines et cela fait une
étonnante somme de rêves qui se poursuivent en
français, arabe, grec, italien, espagnol ou turc. Il
y a toujours quelqu'un pour traduire la volupté d'être
là.
J'aime la rue grouillante beaucoup plus que les monuments et
les musées. Je peux m'installer toute une journée
dans le même estaminet. J'observe, j'écris, je
goûte à tout, j'apprends à cuisiner, je
rencontre les gens par le plaisir partagé du ventre.
C'est un travail de bien manger. Et il faut dire aussi que j'ai
rendez-vous avec Nasma qui m'accompagne à chacun de mes
séjours dans le labyrinthe gastronomique de la ville.
Chaque soir, nous partons à la découverte d'une
taverne inconnue.
Nasma est une jeune et jolie étudiante qui sait ce qu'elle
mérite. Elle ne veut pas entendre parler de domination
et d'obéissance, mais d'égalité et de liberté.
C'est un vrai plaisir de se promener en sa compagnie et d'aller
à la découverte d'une autre Alexandrie, dans le
quartier ancien où les touristes n'osent pas s'aventurer,
habité par un petit peuple qui survit comme il peut.
Pour traverser les masures aux allures de cavernes bordant le
Mahmoudyia canal et les pauvres ruelles de Manchiya où
l'on trouve les marchands d'or et d'épices, Nasma porte
le foulard. Pas par conviction. Pour avoir la paix. Elle m'explique
que les centres culturels étrangers et les universités
sont les seuls lieux où les jeunes femmes peuvent encore
s'exprimer en toute liberté...
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