SHOW DESERT [suite...]
Des pays d'Europe comme la France, la Belgique, l'Allemagne
ou encore la Russie se joignent chaque année à
la manifestation. Parfois, l'événement qui attire
en majorité des Tunisiens connaît des affluences
record. Ainsi, jusqu'à 70.000 spectateurs se sont rassemblés
sur la place H'anïech, théâtre principal de
la manifestations, qui consiste en une succession de gradins
en béton s'étirant sur près de 500 m, face
au déseert et à un campement de tentes bédouines.
Chaque jour du festival, en milieu d'après-midi, le public
converge vers l'immense terre-plein dans une joyeuse pagaille.
La petite route d'accès, d'ordinaire paisible, se trouve
alors véritablement prise d'assaut par une foule de piétons,
cavaliers, motocyclettes et véhicules en tout genre allant
de la vieille guimbarde à la Mercedes ministérielle
en passant par les incontournables charrettes à ânes,
les dromadaires, des bus des années 60 cédés
par la RATP et autres véhicules 4x4. Pour le visiteur
fraîchement débarqué d'Europe, le spectacle
qu'offre ces immences gradins recouverts d'une foule compacte,
bruyante et colorée, massée face au vide du désert,
fixant un improbable mirage, semblera pour le moins déroutant.
Mais il reprendra bien vite ses esprits en entendant les premières
cavalcades qui précèdent l'arrivée des
délégations.
Pendant près de deux heures, les tableaux se succèdent,
reconstituant les événements qui égrenaient
jadis le quotidien des tribus nomades. Parfois, entre deux démonstrations,
un cavalier portant un dossard numéroté sur le
dos surgit de nulle part, sous les acclamations de la foule.
Il s'agit d'un participant à l'une des courses d'endurance
de dromadaires ou de chevaux, parties plus tôt dans la
matinée. Le speaker, qui jongle entre arabe, français
et anglais, commente cette arrivée imprévue comme
il le ferait de celle d'un grand prix de l'Arc de Triomphe.
Applaudissements et rires dans le public. Puis le programme
reprend son cours normal sous les regards ravis des spectateurs.
Les scènes qui suivent sont l'occasion pour certains
de se rappeler que l'on jouait déjà au hockey
(miguéf) dans le désert bien avant l'apparition
de cette discipline aux Jeux Olympiques d'hiver, que la course
de lévriers n'est pas l'apanage de la haute société
britannique ou que les acrobaties sur un chaval lancé
au galop (m'daouri) n'ont pas été imaginées
par des cow-boys du Far West américain. Viennent ensuite
les scènes du tahlim (chant autour du puits),
du combat de dromadaire et le départ d'une méharée
traditionnelle. Le spectacle s'achève au coucher du soleil
avec la procession d'un mariage traditionnel. Le public est
alors autorisé à quitter les gradins pour se joindre
à la fête. Le tumulte atteint son comble tandis
que l'astre solaire fait son baroud d'honneur sur la ligne d'horizon.
Puis tout le monde s'égaille rapidement dans toutes les
directions. L'obscurité a déjà tiré
son rideau sur les dunes. Et le silence du désert retentit
à nouveau dans la nuit saharienne.
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